Les violences conjugales :

Faudra t'il plus d'hommes martyrisés pour qu'ils soit inclus dans la loi ?


En 2013, 121 femmes et 25 hommes sont décédés, victimes de leurs conjoints ou ex-conjoints, des chiffres en baisse par rapport à 2012, ce qui "encourage" le gouvernement à poursuivre la lutte contre ces violences.
En moyenne, tous les trois jours, une femme est tuée par son compagnon actuel ou ancien, révèle la Délégation aux victimes pour le ministère de l'Intérieur, dans une étude publiée mercredi. Et sur les 24 femmes auteurs d'homicide, neuf d'entre elles étaient en 2013 victimes de violences de la part de leur partenaire. Un cas d'homicide a été recensé au sein d'un couple homosexuel masculin. Ces chiffres sont en baisse par rapport à 2012, puisque les violences conjugales avaient alors fait 28 décès de plus.

C'est plutôt positif, mais trop d'enfants sont encore des victimes collatérales, a réagi mercredi Françoise Brié, vice-présidente de la Fédération Nationale Solidarité Femmes, qui gère le numéro de téléphone 3919 pour les femmes victimes de violence.

En 2013, 13 enfants mineurs ont en effet été tués par leur père en même temps que leur mère (contre 9 en 2012) et 23 enfants ont été témoins des scènes de crime.
Selon l'étude, l'auteur masculin est le plus souvent marié, de nationalité française, a entre 41 et 50 ans et n'exerce pas ou plus d'activité professionnelle. Il commet son acte à domicile sans préméditation avec une arme à feu et sa principale motivation demeure le refus de la séparation, suivie de près par la dispute.

L'auteur féminin, élimine son conjoint ou ex-conjoint à cause de disputes et de la jalousie, le plus souvent avec une arme blanche. Les morts violentes dans le couple représentent près de 20% du total des homicides de toute nature répertoriés.

Dans plus de la moitié des cas, la présence d'alcool, de stupéfiants ou médicaments susceptibles d'altérer le discernement de l'auteur ou de la victime au moment des faits a été constaté.

- 10% seulement des victimes hommes portent plainte -

La baisse des violences conjugales «encourage le gouvernement à poursuivre son action», ont réagi dans un communiqué commun les ministères de l'Intérieur et des Droits des femmes.
Lundi soir, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi autorisant la ratification de la convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre les violences à l'égard des femmes et la violence domestique, dont les principales dispositions étaient déjà adoptées par la France.
En novembre dernier, la ministre Najat Vallaud-Belkacem (alors Ministre du droit des femmes) avait en effet détaillé un 4e plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, doté de moyens renforcés (66 millions d'euros).
Ce plan prévoit de renforcer le dispositif d'ordonnance de protection des victimes, généraliser le téléphone d'alerte pour femmes en grand danger, former les professionnels, créer des places d'hébergement d'urgence ou encore de privilégier le maintien à domicile de la victime.
Alors que seulement 10% des victimes de violences conjugales déposeraient plainte, le gouvernement souhaite aussi que les mains courantes soient limitées «aux cas de refus répétés de la victime» de déposer une plainte et à «l'absence de gravité des faits».
Grâce à une campagne de communication, les appels mensuels au 3919 sont passés de 4.000 à 7.000 en six mois, se félicite le ministère des Droits des femmes.
«Les femmes parlent plus tôt, ce qui leur permet d'entamer des démarches» pour se protéger, relève Françoise Brié.

Elle constate aussi une «mobilisation de plus en plus forte de tous les acteurs sur le terrain: services sociaux, professionnels de santé, services de police et de justice», même s'il «reste parfois difficile d'être reconnue comme victime», selon elle.
D'autres freins persistent, assure cette spécialiste du sujet, comme la baisse des subventions aux associations, l'insuffisance des hébergements d'urgence dans les grandes villes, ou la «précarisation» des femmes, qui a tendance à freiner, dans de nombreux cas, les départs du domicile.
© 2014 AFP



À NOTRE AVIS :
La violence conjugale n'a pas de sexe, pourquoi ne pas avoir fait une loi généraliste sur les violences conjugales ?

La lutte contre la violence faite aux femmes a été déclarée "grande cause nationale 2010" par le gouvernement. La loi du 9 juillet 2010, qui accentue les mesures de prévention et de protection des femmes, a institué en France une "journée nationale de sensibilisation aux violences faites aux femmes", organisée désormais chaque 25 novembre, le même jour que la journée internationale de l'ONU.

Hommes battus, les oubliés des violences conjugales
On ne peut pas attribuer aux seuls hommes l’utilisation fréquente de la violence, serait réducteur. Les femmes ne sont pas en reste dans la cruauté, dans des violences aux desseins horribles. La violence n’a pas de sexe et elle est récurrente dans le couple. On devrait donc tout simplement parler et combattre la violence conjugale en général et non uniquement la violence faite aux femmes.
Bien sûr, un poing d’homme fera plus de dégâts, mais dans 80 % des cas, les femmes compensent cette faiblesse relative en utilisant des objets pour frapper et retrouver ainsi l’équivalent de la force d’un poing masculin.
En outre, elles frappent, mordent, griffent, giflent, répandent du café bouillant et eau chaude, brûlent au fer à repasser, contusionnent. Par définition, on confère le statut d’agresseur aux hommes, parce que la nature, comme le système hormonal, leur a donné une musculature supérieure à la femme. Un homme doit représenter l’autorité familiale, il ne doit pas pleurer et, pour cela, il est impensable qu’il puisse lui aussi être victime.
La violence des femmes est impensable pour beaucoup de gens, donc on croit qu’elle n’existe pas. Pourtant, la situation est peut-être encore plus dure à vivre pour les hommes que pour les femmes, car leur identité masculine est parfois niée. Il leur est difficile, voire parfois impossible de déposer une plainte. Dans la même situation, la déposition d’une femme sera immédiatement prise en compte, elle sera soutenue, on la plaindra. Mais l’homme, lui, n’est plus un homme.
C’est ce que déplore Sylvianne Spitzer, psychologue et fondatrice de SOS hommes battus, la seule association venant en aide aux hommes battus en France.
« Si une femme vient dans un commissariat sans preuve, en disant que son mari la frappe, on va la pousser à porter plainte et l’homme sera placé en garde à vue. En revanche, si un homme se présente à la police avec des preuves en disant que sa femme le bat, une fois sur deux on va lui rire au nez et trois fois sur quatre on refusera qu’il porte plainte. En général, les femmes ne sont pas placées en garde à vue et si elles passent au tribunal, il ne leur arrive pas grand-chose, voire rien du tout. »

Mais ce n’est pas seulement en matière de violences physiques que les femmes peuvent exceller. La manipulation psychique est une autre forme de violence dont les hommes se trouvent victimes. Elles les blessent, humilient dans leur intégrité, leur virilité en les dénigrant par des mots, les traitants de mauvais amant, mauvais père, les castrent psychologiquement. La manipulation est insidieuse pour pousser à la violence, car rusée, la femme sait qu’en cas de coups, elle aura tout un arsenal d’aide, d’écoute et de structure pour s’en sortir.
Toujours selon Sylvianne Spitzer, quels que soient les cas de figure, un profil type des femmes violentes se dessine.
« C’est à l’origine une petite fille très capricieuse, qui utilise la colère pour obtenir tout ce qu’elle veut. Elle vient soit d’une famille où le père exerçait une violence, soit d’une famille où la mère était très dominante, ce qu’elle a transmis à sa fille.
Le fait d’être en couple va faire ressortir tout ça à l’âge adulte, notamment à la naissance du premier enfant : le père est alors limité à son rôle de géniteur, d’apport financier, il est réduit à sa plus simple expression. »

Les hommes eux, sont souvent très amoureux, dans le déni complet.
« Ce sont des hommes peu sûrs d’eux, passifs, qui mettent la femme sur un piédestal. Ils n’ont aucune capacité de décision. Au début des violences, ils pensent qu’ils s’y prennent mal, ils cèdent à tous les caprices. Les femmes ne sont jamais confrontées à un contre-pouvoir. On entre alors dans une spirale », ajoute la psychologue.

En France, une "journée nationale de sensibilisation aux violences faites aux femmes" a été instituée le 25 novembre par le Parlement français (loi du 9 juillet 2010). Tout cela est très bien, mais est-il raisonnable d’accepter qu’une politique publique soit menée dans un pays en laissant complètement à l’écart l’un des deux sexes ?
Toutes ces politiques nous parlent aujourd’hui beaucoup des enfants témoins de ces violences qu’il faut protéger : est-ce qu’un enfant voyant son père se faire battre doit être moins considéré qu’un enfant voyant sa mère se faire battre ? Comme dans le cas de violences conjugales faites aux femmes, les hommes craignant que la violence de leur épouse ou conjointe ne rejaillisse sur leurs enfants, Ils encaissent, subissent et protègent ainsi leurs enfants. Il est évident que la société s’attache moins au sort de ces hommes, estimant qu’ils sont plus autonomes financièrement et plus à même de rebondir en cas de litige dans le couple que les femmes. Pour plusieurs raisons, cet état de fait oublieux des pères et des hommes doit cesser au nom notamment des valeurs de justice et d’égalité, car la souffrance n’a pas de sexe.





Posted by Christian.


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